dimanche 21 août 2016

APJIK - An die welt da drauBen



Après un single sorti il y a quelques mois, arrive enfin l'album d'APJIK, An die welt da drauBen, toujours sur le label du grand est, [A...]UTOPROD.

APJIK, duo allemand formé d'Alexander Paul Jovanovic et Inox Kapell, chercheurs passionnés de mondes sonores, chasseurs de trésors électro-punkoïdes, ont l'art et la manière de dérouter l'auditeur.


Nous embarquons dans un train. Chaque wagon est un morceau. Une pièce d'un puzzle qu'il faut s'approprier.
Train fantôme, train à grande vitesse, tortillard, cet album est un chemin (de fer) nous transportant de gare en gare.





An die welt da drauBen est une matrice, un moule présentant l'empreinte de la pièce destinée à être créée. C'est en cela qu'on parcourt un projet très urbain jonché de connectiques.
D'espace en espace, nous traçons des lignes à dimensions variables en actes géométriques abscons.
Mais l'essentiel est cette rencontre avec un opus déroutant, aux parois existentielles et aux fenêtres entrebâillées.

Inox Kapell © Mo Sine


CD à tirage limité / Limited edition CD
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[A...]UTOPROD

vendredi 29 juillet 2016

Edu Comelles



Edu Comelles est un concepteur de sons. Il intervient en tant que sound designer et pratique le field recording.
Il est impliqué dans différents projets, individuels et collectifs, allant de l'ambiant à la musique expérimentale.

Parmi ceux-ci, nous avions présenté l'an passé, sur Vers du Silence, Cello + Laptop, le très beau duo qu'il anime avec la violoncelliste Sara Galán.

C'est fin 2015 qu'Edu Comelles sortit Agost, très bel opus solo, sur le label espagnol spa.RK.



D'une minutie soignée, les textures musicales tapissent des ambiances subtiles (I am all for noises, Aurora), parfois customisées (Inevitable drowsiness), toujours rêveuses (A sudden burst).

Agost est un album plein de finesses, de détails lumineux et d'espaces ouverts.
La Nature, très présente, est également une source d'inspiration. Sa vibration est profonde et porte ses fruits dans cet univers complexe.




Edu Comelles

mercredi 6 juillet 2016

Astatine



Astatine, formation menée par Stéphane Récrosio, artiste pluridisciplinaire post-punk dadaïste, sort sur le label de Laurent Rauner, [A...]UTOPROD, un très bel album Faiblesse de certains sons de guitare lache.
De longues dérives bruitistes de chantiers en construction, Astatine perle des pièces de matières en décomposition et des vagues d'astates radioactifs.





Commençons par l'artwork de la pochette : des collages situ-industriels donnant le ton et la forme de cet album. Un travail "maison", homogène, qui appelle une dislocation à venir. Rien n'est jamais acquis...
Composé de 13 morceaux au format court, Faiblesse de certains sons de guitare lache déploie ses saveurs bruitistes.
Entre accords réaccordés ou déformés, mélodies retournées ou détournées, le fil conducteur de ce disque, comme un satellite inédit, rappelle des connexions entre des parfums industriels façon Neubauten et des sensations pop.
On raccorde aussi cet univers à des Sonic Youth, My Bloody Valentine ou encore quelques figures noisy-pop 4AD.


Astatine, qui est engagé depuis plusieurs années sur un chemin créatif dense (une belle discographie mais également des écrits de Stéphane Récrosio) et un état d'esprit Do It Yourself de belle facture, a su édifier une identité sonore et visuelle de grande qualité.
Ce n'est pas un hasard si son chemin croise aujourd'hui celui d'[A...]UTOPROD.

CD tirage limité à 100 exemplaires /
Limited edition CD to 100 copies
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Astatine
[A...]UTOPROD

dimanche 19 juin 2016

Holy Monitor



Holy Monitor est un collectif de musiciens basé à Athènes (Grèce). D'eux, pas de photographie. Ils préfèrent décliner leur identité par leur création.

Le collectif sort en 2015, en autoproduction, deux EP, Golden Light​ et ​Aeolus, uniquement disponibles en digital.
Cette année, à la mi-juillet, le label américain Ongakubaka Records réunit ces deux EP sur une cassette en édition limitée 100 exemplaires.


Holy Monitor incarne un métissage rock sixties/seventies des plus passionnants. Vibrant de mille feux d'un psychédélisme entêtant, les plages de Golden Light​/​Aeolus fourmillent de vagues rock garage, de krautrock et de mondes spatiaux.
On y entend Neu! croisé Loop ou encore Silver Apples.
Les voix lient ces modules kaléidoscopiques et appellent l'auditeur à participer à ce beau voyage.
Avec leur rythmique hypnotique, des claviers habillés d'effets et de belles guitares de caractère, Holy Monitor pose sa griffe avec élégance.



Holy Monitor
Ongakubaka Records

lundi 23 mai 2016

HJ AYALA



Hector Javier Ayala est un guitariste, écrivain et compositeur mexicain vivant actuellement en France, à Strasbourg.
Issu d'une famille de musiciens, baignée de musiques populaires, Hector Javier a métissé son empreinte initiale en ouvrant ses compositions vers le jazz, le classique ainsi que l'avant-garde contemporain.
Cet artiste voyageur, qui parcourt l'Europe, aborde sa musique comme une quête. Elle se déploie et s'offre en paysages musicaux fertiles. Elle transporte et magnifie.
C'est ainsi qu'avec Cluster, son premier album, il ouvre son chemin.



Un cluster (grappe en anglais) est un ensemble de sons conjoints simultanés formant une "grappe sonore" plus ou moins dense.
"En décembre 2013, j’ai enregistré vingt et un cluster parmi lesquels j’ai choisi huit de façon absolument arbitraire [...]" explique HJ Ayala.
En s'appropriant ce procédé, il élabore son album autour de pièces musicales.
"Pour Cluster, mon nouvel album, entièrement instrumental, j'ai rêvé de paysages, de rencontres comme toujours. Avec les sons de ma guitare, j'ai donc voulu remplir un espace imaginaire que l'auditeur pourra s'approprier pour y vivre." (DNA, 17/11/2015)


Résonances secrètes des cordes. Toucher aux accents sensiblement hispaniques. Respirations émouvantes. Le souffle d'Hector Javier Ayala est une brise polymorphe pour rêveurs mélomanes. De sa texture, ils pourront en extraire le nectar, un filtre pour des oreilles aventureuses.

HJ Ayala

samedi 7 mai 2016

[A...]BSEITS



[A...]BSEITS (Hors-cadre en allemand), est un projet single 2 titres de Laurent Rauner aka [A...] Soundz Projekt ou encore [A...]SP.


Si nous entendons bien ici l'influence de l'electronica, de l'ambiant ou encore du trip hop, les 2 morceaux d'[A...]BSEITS sont avant tout des compositions qui ont un rapport avec l'image et, plus précisément le cinéma.



R[A...]FI, le premier morceau, à la forme énigmatique et au tempo inquiétant, est un long travelling lynchéen, un décor sonore qui palpe les émotions dans un creuset noir et blanc. On prend le pouls, on scrute, on s'interroge. R[A...]FI n'est pas sans rappeler d'ailleurs les pérégrinations de Vincent Gallo sur le label Warp.




L'[A...]NArcHiE#1, second morceau aux forts accents hip hop, est une course poursuite habillée de field recordings et de samples. Un combat libertaire aux couleurs rouge et noir ? Une révolution intra crânienne qui s'agite ? Un film d'anticipation ? De la science-fiction ?
Ici, encore, une région bien habitée...

A noter que R[A...]FI est un morceau enregistré initialement pour l'Institute For Alien Research (UK) de Shaun Robert en juin 2014.
L'[A...]NArcHiE#1, quant à lui, a été réalisé pour Cruel Nature Records(UK) en septembre 2013.

Que cette bande originale d'un film à imaginer, à créer, à façonner, soit suivi, espérons-le, d'autres perspectives hors-champs et, ainsi, nous n'aurons pas fini de voyager...

CD single tirage limité à 46 exemplaires /
Limited edition CD single to 46 copies
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[A...]UTOPROD
[A...] Soundz Projekt

dimanche 1 mai 2016

APJIK



APJIK, duo iconoclaste, nous vient de Wiesbaden (Allemagne) et est composé d'Alexander Paul Jovanovic et Inox Kapell.
Un CD single 2 titres, BERLIN! (please validate your ticket!) / Phänomenica, sort sur le label [A...]UTOPROD en cette fin avril 2016. Un bel objet d'une facture minimale et hautement soignée qui n'est pas sans rappeler l'esprit de Factory (Joy Division, Durutti Column, A Certain Ratio...).


"Alexander Paul et moi sommes bons amis depuis longtemps et jouons souvent sur scène.
Notre expérience commune est d'utiliser des médiums musicaux que nous ne connaissons pas forcément. C'est une démarche qui nous intéresse beaucoup!
" confie Inox Kapell.
Une démarche Do It Yourself aux accents prononcés.
"Tout ce que je chante me vient, directement, sans filtre, d'un ciel mouvant d'idées. Le tout influencé par le punk, le jazz ou l'électronique".





Une boîte à rythme façon Suicide (Alan Vega & Martin Rev) pose le décor.

Telle une farandole dans BERLIN! (please validate your ticket!), un carnaval en dérive se déroule dans les faubourgs de la ville. Un tortillard mécanique à la rencontre des habitants des rues berlinoises jonchées de personnages différents et multiples.

Phänomenica, morceau plus sombre, porté par une basse cold et une voix raisonnante, entrouvre la porte d'un univers inquiétant. Sur une balançoire, on s'inquiète du pouvoir du temps. Qui viendra nous envahir ?

Inox Kapell

Un single qui, dans l'attente d'un album à venir toujours sur [A...]UTOPROD, aiguise la curiosité.
A découvrir également le travail d'Inox Kapell solo et son intérêt singulier pour le monde des insectes.

CD single tirage limité à 51 exemplaires /
Limited edition CD single to 51 copies
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Inox Kapell
[A...]UTOPROD

dimanche 3 avril 2016

Maurice Paulvé



Maurice Paulvé (1916 - 1994) est un peintre français contemporain. De lui, on n'a que peu d'informations disponibles.
Ayant résidé en Bourgogne et enseigné à l'école des Beaux-Arts de Beaune, cet artiste (trop) méconnu a marqué nombre de ses élèves tels Geneviève Bourgogne (aujourd'hui galeriste à Beaune) ou encore le peintre Jean Claude Ancet.

"Au début des années soixante dix, je préparais une maîtrise d'histoire de l'art. Mes études à la faculté de Dijon m'avaient ouvert les yeux sur beaucoup de problèmes artistiques et notamment sur l'art abstrait. Peignant figuratif à l'époque, je ne ressentais pas la nécessité de peindre autrement.
Ce furent des cours de peinture pris à l'Ecole des Beaux-Arts de Beaune qui m'incitèrent à me lancer dans l'abstrait. Maurice Paulvé, professeur très apprécié de ses élèves et peintre lui-même, me fit comprendre que l'art procédait de la vie intérieure et que cette vie pouvait prendre forme dans la peinture abstraite
."(Jean Claude Ancet, in LES DEBUTS DANS L'ART ABSTRAIT 1973-1982)



Ayant travaillé toute une période autour des natures mortes et du figuratif (voir ci-dessus et ci-contre), Maurice Paulvé s'est ensuite orienté vers une expression abstraite.

C'est grâce à son fils, Tim Paulvé, artiste concepteur, que nous avons aujourd'hui accès à de nombreuses toiles de Maurice Paulvé.

Son abstraction se déstructure pour mieux s'unifier en son sein. Elle arbore une mine de contrastes et s'affirme minérale et/ou organique. Elle fait écho à certains univers, comme celui d'Otto Wols par exemple.

















Sur d'autres versants, les formes et les couleurs renforcent le trait, délimitant des espaces géographiques et des lieux, organisant des forces puissantes d'harmonies ou de dysharmonies.
Matières prégnantes, parfois sourdes, parfois légères, se rassemblent ou se dispersent.
Le son des lignes oscille de mouvements paraphés. Celles-ci soupirent et se diffusent. On se laisse happer par tant d'histoires, de dérives, de mémoires.


















Tim Paulvé, sur sa page Blog à part, nous offre deux séquences, deux petites pièces d'un puzzle biographique, un reflet intime d'une relation d'un fils avec son père. Chacune est traversée d'une œuvre, un point de repère captivant.
Mais au-delà, ces témoignages nous renvoient à nous-même dans la complexité de la filiation et de ses transmissions.

Maurice Paulvé (1916-1994) - #1
Sans titre - 1983

"Mon père. Jamais je ne l'ai appelé autrement, je n'en ai pas eu l'occasion.

De ma petite enfance exilée durant laquelle je n'eus de lui que de rares visites qu'on m'a rapportées par la suite, je n'ai qu'un seul souvenir, aussi persistant que le sont les traumatismes ou les éblouissements.
C'était un matin de printemps, où nous avons gravi les pentes du Jura pour surplomber ce monde clos qu'est le pays de Gex, fermé au nord par la barre montagneuse vieillissante, à l'est et à l'ouest par le col de la Faucille et la trouée de Collonges, ouvrant au sud sur la cuvette genevoise, barrée elle-même par le Mont Salève, mille-feuille géologique qui fut le seul horizon de mon enfance.
De cet endroit pentu où j'ai vécu mes huit premières années, on ne pouvait que se laisser glisser vers la frontière, on ne pouvait que descendre, on ne disait pas à Genève ou en Suisse, on disait: "en bas".

Je devais n'avoir guère plus de trois ans, nous sommes montés et il m'avait porté, avec sous le bras quelques toiles cartonnées, une longue boite plate dont je me souviens de l'odeur de térébenthine, une palette de bois brun éclaboussée de tant de couleurs ternies par le temps.

Arrivés à bonne hauteur, nous nous sommes installés sur un muret de pierres éboulées, il a posé une toile sur ses genoux et, sans que je le comprenne sur le moment, j'ai assisté à ce qui est resté très longtemps pour moi un tour de magie.
Le regard tourné au sud, il a tracé sur la toile écrue avec le manche d'un long pinceau quelques traits hâtifs, j'ai du demander ce qu'il faisait car on m'a vite écarté pour le laisser travailler.
Je voulais savoir... on m'avait dit que je verrais quand ce serait fini. Un long moment après, je fus autorisé à me rapprocher de nouveau, et j'ai vu sur la toile, jaillie de nulle part si ce n'est de son regard et de ses mains, la vue si familière du mont Salève...

Cette petite peinture unique, perdue depuis, a accompagné toute mon enfance, accrochée au dessus du désordre ambiant, lucarne entrouverte sur le monde extérieur, sur mes origines et rappel constant de ce matin magique
".

[...]

Maurice Paulvé (1916-1994) - #2
Sans titre - 1973

"2012. Après des années d'un silence opaque à tout souvenir, je découvre avec émerveillement ce tableau, grande noirceur d'encre ouverte sur l'improbable, chez ma sœur.
Il avait échappé à ma vigilante curiosité, 1973, de ces années où mes visites à son atelier étaient régulières, où il m'avait autorisé à être, à être juste là à le regarder travailler en bavardant, de tout, du passé, de nous, des autres...

J'ai le souvenir précis de ces petits tampons de tissu repliés avec soin avec lesquels il tamponnait ses repentirs d'un blanc de zinc qu'il voulait transparent, commentant son désarroi de devoir supprimer tous ces détails qui le fascinaient mais qui contrariaient le sens qu'il voulait donner à l'ensemble.
Penché sur son œuvre, la respiration attentive, il ponctuait ce tamponnage délicat de mots simples, évocateurs, m'ouvrant au droit de comprendre sa création.
"C'est beau, toutes ces petites choses, c'est toujours un sacrifice de devoir les effacer, mais c'est ça: exploiter le hasard oui, mais pas tout..."
Je ne disais rien, ne répondais rien, car je comprenais d'instinct.

Au cours d'un de ces après-midi hors du temps, je l'ai vu user d'un os de poulet, "un bréchet, c'est juste ce qu'il faut, c'est très fin et ça refuse l'encre", pour fabriquer une ombre encrée dans un coin d'œuvre, point par point, avec méthode, avec recul, avec commentaires: "On cligne des yeux et on voit tout de suite ce qui manque, juste pour que ça se fonde..."

J'ai vu l'ombre s'étendre, s'étirer, se fondre dans l'ensemble peu à peu, par la magie de ce petit geste répété.

Des années plus tard, pétri de ce souvenir, ne sachant rien faire de mes mains ni même de mon esprit, j'ai saisi un feutre très fin et j'ai machinalement commencé à remplir une feuille de papier à dessin, plagiat douloureux de ce souvenir déjà lointain, envahissant peu à peu l'espace d'une ombre que j'avais l'impression de piller à sa mémoire.
Un geste simple, aussi simple, répété sans fin, chaque point emplissant l'espace que lui laissaient les autres, et quelque chose prenait forme...

Quelques années plus tard, en y ajoutant des contraintes drastiques pour empêcher toute intervention de ma volonté, j'alignais des points au rotring 1.4 pendant des heures, sur des formats de plus en plus ambitieux, les "Dots".
Les contraintes, c'était la fonction; le résultat, la représentation graphique de cette fonction. L'ordinateur, les fractales, m'étaient encore étrangers.

J'ai exposé ces "Dots" en 1994, après le décès de mon père. Jamais je n'aurais pu le faire de son vivant.

2012. je retrouve ma sœur, mes sœurs, après le décès du dernier protagoniste du versant tumultueux de mon histoire. Je découvre ce que ma sœur a préservé d'une œuvre immense, que nous décidons spontanément de ne pas disperser.
Généreuse, elle m'en offre bon nombre, précieusement conservés. Mais qui peut être propriétaire d'une œuvre vivante en nos cœurs? C'est notre héritage, notre bien collectif. Nous en avons la garde.

2013. Du fond d'une détresse à la fois médicale et affective, deux amies de longue date me retrouvent ici-même sur un compte abandonné et m'envoient un message, dont je reçois heureusement la notification par mail.
J'émerge en ces lieux, je me remets à l'ouvrage abandonné depuis des années, début de cette aventure dont vous pouvez voir ici toutes traces. Avec l'impression de réellement commencer un travail, à l'âge même où mon père, après une exposition locale, a fermé l'atelier et n'y a plus jamais remis un pied. Les destins se calquent en creux.

2015. La dernière de mes visites à ma sœur, où je me plante une nouvelle fois devant cette œuvre qui me fascine de son encre noire, de ces ombres reconnues qui prolongent pour l'affiner la dureté des à-plats d'encre qui dominent l'ensemble de leur structure puissante. Ces mêmes petits points apposés au bréchet de poulet. Je photographie maladroitement le tableau, cherchant le bon angle, la bonne lumière, et derrière moi j'entends la voix de ma sœur qui me dit doucement: "je te l'offre"."


28 septembre 2015


L'équipe de Vers du Silence tient à remercier très chaleureusement Tim Paulvé de nous avoir permis d'utiliser ses deux textes issus de Blog à part et de reproduire des tableaux de son père pour cette chronique.
Merci aussi pour son écoute et son aide.

Nous vous invitons également à découvrir le travail de Tim Paulvé sur sa page FB.

samedi 5 mars 2016

Michael Alizon & Jean-René Mourot - Les couloirs du temps



Nous voilà repartis dans des univers parallèles avec le nouveau projet de Michael Alizon & Jean-René Mourot. Respectivement saxophoniste et pianiste, ces deux musiciens proposent sur le label de musiques actuelles et vivantes, Momentanea, leur nouvel opus "Les couloirs du temps".
Rencontre d'instruments à vent et à cordes, deux compléments d'objets miraculeux dialoguant, se répondant, chuchotant ou revendiquant.
Histoires mystérieuses et envoûtantes.


Camaïeux d'ambiances, de l'improvisation au douces mélodies en passant par la verve du hard bop, le temps se décline, s'infuse et parfois disparait au fin fond d'un couloir perdu... De morceau en morceau, telle une odyssée, nous traversons des espaces et des lieux en toute liberté.

"C'était il y a longtemps. Avant même que quiconque ait pu dévoiler le mystère de la musique. C'était à une époque si lointaine qu'il n'y avait que le silence." écrit Michel Arcens sur la pochette intérieure du disque.
Une introduction qui prend tout son sens à l'écoute des 9 morceaux.



Une production, digne d'ECM, qui vous amènera loin au pays de vous-même, hors des contrées fades, insipides et du tout venant sans relief!
L'album sera disponible début avril et est hautement recommandé par l'équipe de Vers du Silence.

Momentanea
Les couloirs du temps

mardi 26 janvier 2016

Fred Signac - Rouge rivière / Navigue



Le singulier label français, [A...]UTOPROD, revient, en ce début d'année 2016 avec un très beau disque 2 titres.
C'est donc Fred Signac, chanteur inspiré aux textes poétiques et aux compositions profondes, qui révèle, avec Rouge rivière et Navigue, un temps à part dans l'univers d'[A...]UTOPROD.
En effet, cette (déjà) sixième référence dépose un grain romantique et mélancolique dans sa production.



Il y a d'abord Rouge rivière. Comme une larme qui coule, abandonnée et désespérée. Un désir aquatique sanguinolent. On s'embarque dans un spleen à la Ferré, déféré dans une âme emprisonnée. De grandes plaines desséchées où passe un temps chagrin qui n'en finit pas.
Les mots magiques sont signés Joël Rodde.



Navigue est une balade sur le cours d'un fleuve amer. On s'y brise à peine. D'un appel à la dérive à un cri de vie, Navigue nous emporte de sa sensibilité gainsbourienne vers un écho qui souffre. On se laisse prendre par son roulis qui valse et enivre à n'en plus finir...

[A...]UTOPROD
Fred Signac

CD 2 titres tirage limité disponible pour 7 euros (port compris) ici.
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